Communiqué du Conseil municipal de Gargas (84)
Mercredi 9 février 2011
Les membres du Conseil Municipal de Gargas ont pris connaissance de la demande de permis de
recherches déposée le 12 janvier 2010 par la Sté TETHYS OIL France AB auprès du Ministère de
l’Écologie et du Développement durable en vue de la prospection de gaz de schiste à GARGAS et
dans sa région.
Cette prospection consiste à creuser jusqu’à 2000 mètres au moins pour récupérer des micropoches de
gaz emprisonnées dans un mille-feuille de roches de schiste.
Grâce à une technique de fracturation hydraulique, les micropoches sont réunies en une unique poche
de gaz qui est ensuite remontée à la surface par l’action d’un mélange d’eau, de sable et de produits
chimiques propulsé à très haute pression.
Une quantité astronomique d’eau est nécessaire pour chacun des « fracks », de 7 à 15 000 mètres cubes
d’eau (soit de 7 à 15 millions de litres) ; un puits pouvant être fracturé jusqu’à 14 fois voire plus.
Le gaz remonte à la surface avec une partie du « liquide de fracturation ».
Aux États-Unis et au Canada, cela fait 10 ans que le gaz de schiste est exploité. Les conséquences
environnementales en sont nombreuses. Du Benzène, du Toluène, de l’Acide chlorhydrique ont été
retrouvés dans les eaux de ruissellement, des toxiques qui seraient susceptibles de perturber le système
endocrinien des riverains.
Dans le Colorado, toujours aux États-Unis, le désert est hérissé de puits de schiste tous les 200 mètres.
Les aller-retour des camions nécessaires au transport des matériaux de chantier, de l’eau, puis du gaz
(200 rotations par « frack ») seraient une source de pollution très importante, associés aux rejets de
CO2 des raffineries, au bruit généré par l’exploitation des sites auxquels il faudra ajouter la
transformation du paysage.
Considérant que ce genre d’exploitation est incompatible avec :
- le Plan local d’Urbanisme de Gargas,
- la Charte du Parc Naturel Régional du Luberon et la convention d’application de ladite charte
signée entre le Parc et l’État considérant le territoire du Parc comme un lieu privilégié pour la
mise en oeuvre des politiques de l’État et des divers moyens que lui offre la réglementation
en matière de protection de l’environnement et du cadre de vie,
- le classement par l’UNESCO du territoire du Parc en Réserve de biosphère,
- les Zones de conservation des sites de la directive européenne « habitat »,
- le périmètre de protection géologique pour la préservation du stratotype international dit
« gargasien »,
- le site classé du massif des ocres,
- les efforts entrepris par les collectivités et les particuliers pour conforter l’image du Luberon,
« territoire de haute qualité environnementale »,
- le développement économique agricole de notre territoire où les filières BIO sont développées,
- le développement économique touristique du territoire : Grand site du massif des ocres,
Luberon, Monts du Vaucluse.
- la poursuite des travaux du Laboratoire souterrain à bas bruit situé à Rustrel,
-
la nécessité de préserver les réserves d’eau potable.
Considérant l’absence totale d’information auprès des acteurs territoriaux et des collectivités locales
avant la délivrance des autorisations ministérielles, le Conseil Municipal, après en avoir délibéré, à l’unanimité :
- DEMANDE à Monsieur le Président de la République et au Ministère de l’Écologie et du
Développement durable d’émettre un refus à la demande, déposée par la Sté TETHYS OIL
FRANCE, de prospecter le gaz de schiste sur notre territoire,
- CHARGE Monsieur le Maire de transmettre une copie de la présente délibération aux
Sénateurs et Députés de Vaucluse, au Président du Conseil Régional PACA, au Président du
Conseil Général de Vaucluse, au Président du Parc Naturel Régional du Luberon, au Président
du SCOT, au Président de l’Association des Maires de Vaucluse, aux Conseillers généraux de
Vaucluse ainsi qu’aux Maires des communes environnantes pour qu’ils marquent leur
opposition au développement de tels projets qui vont à l’encontre des ambitions affichées par
le Grenelle de l’Environnement,
- DÉCIDE de l’insertion de cette délibération dans le Journal « La Provence » afin d’informer
la population.